Vraiment ? Lors de notre formation à l’association Lóczy, la formatrice a fait cette remarque qui m’a interpellée : « Tu as le droit d’être en colère... mais pas tant que ça ! ». En effet, il est d’usage aujourd’hui, lorsqu’un enfant se met en colère, de verbaliser et de lui dire qu’il a le droit de ressentir son émotion. On voit apparaitre dans les structures une chaise ou un coussin de la colère, à l’écart du groupe, sur lequel l’enfant est invité à s’asseoir. En y réfléchissant, j’ai le sentiment que le message qu’on transmet à l’enfant c’est : « Tu as le droit de te mettre en colère… mais loin ! »  sous-entendu, « Que ça ne me dérange pas ! » Finalement, un enfant n’a pas vraiment le droit de se mettre en colère puisque son émotion n’est pas accueillie.

Mais alors, comment réagir ?

Dans la semaine qui a suivi, S. 27 mois, s’est mis en colère et s’est assis sur le canapé. J’étais assise sur le sol, je lui ai dit qu’il avait le droit de se mettre en colère et que je l’invitais à venir près de moi, que j’étais là pour accueillir sa colère. Il m’a regardé d’un œil dubitatif et est descendu pour aller jouer.

Cette semaine, il s’est mis en colère. Il était debout, campé sur ses pieds, les sourcils froncés, me regardant droit dans les yeux. Il y a eu quelques secondes de silence, je lui ai dit que je voyais qu’il était en colère, me suis agenouillée, j’ai ouvert mes bras et lui ai dit qu’il pouvait venir me faire un câlin. Il s’est jeté dans mes bras et la colère a disparu.

Bien sûr, mon échantillon n’est pas très représentatif et pour tout dire, j’ai essayé avec C. 6 ans qui elle…  ne s’est pas précipitée dans mes bras. clindoeil25