France Dewismes, Assistante Maternelle Agréée Lille

15 juin 2019

Fabrication d'un Butaï

Maintenant que j’ai un Kamishibai (cf articles du 17 mars et du 10 mai 2019), il me fallait un Butaï pour pouvoir faire défiler les planches.

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Après avoir préparé le matériel et les outils, me voici à l’œuvre…

Je découpe les fenêtres dans les planches, je perce et je visse la poignée, je colle les tasseaux.

 

 

 

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Puis, je colle l’autre face du Butaï et je fixe les charnières des vantaux. N’étant guère outillée, j’ai opté pour la fabrication d’un modèle simple à deux vantaux.

 

 

 

 

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Vient ensuite le ponçage et le vernissage…

 

 

 

 

 

 

Tadam !

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10 mai 2019

Atelier Kamishibaï - suite !

Courant mars, j’ai assisté au premier atelier KAMISHIBAÏ proposé par le RAM de Lille (Je vous invite à lire ou relire l’article du 17 mars 2019).

On se retrouve le 19 mars pour créer les premières planches.

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On découpe, on colle, on dessine, on colorie…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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C’est un travail minutieux qui demande beaucoup de patience.

 

 

 

 

 

 

 

 

Le 30 mars, on se retrouve pour réaliser les planches suivantes.

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Des gommettes, du coton, du raphia, des sequins en forme de fleur…  On cherche, on fouille

 

 

 

 

 

 

 

Et voilà la planche « ROUGE » ! 190502_kamishibai suite2

 

Dernier atelier, le samedi 4 mai.

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Les planches ont été photocopiées.
Il nous reste à les découper et à les plastifier.

Personnellement, je ne suis pas une grande fan de la plastifieuse, mais les planches seront ainsi protégées et pourront servir souvent sans risquer de s’abimer.

 

 

 

 

 

 Prochaine étape, la fabrication d’un butaï !

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24 mars 2019

Les règles et les limites vues par la pédagogie Piklérienne.

photo article 9Je viens de terminer le livre « Autonomie et activités du bébé - Recueil d’articles de l’équipe de l’Institut Pikler ». Il est l’un des 4 ouvrages qui illustre la pensée d’Emmi Pikler et les pratiques qui en découlent.

Je me retrouve dans la pédagogie Piklérienne : laisser les bébés et les enfants autonomes dans leurs mouvements et leurs activités tout en leur apportant une présence encourageante, bienveillante et rassurante.

Un article a particulièrement retenu mon attention : « Règles et limites en crèche : acquisition des attitudes sociales » ou comment l’enfant parvient-il à accepter les règles sociales ? écrit par Anna TARDOS, psychologue, directrice de l’Institut Pikler de 1998 à 2011 et Anne VASSEUR-PAUMELLE, psychologue et psychothérapeute.

J’ai dans mon entourage, beaucoup de jeunes parents. Il m’est arrivé d’être présente lors de conciliabules avec leur petit enfant âgé de 18 mois à 2 ans et demi (la période de l’affirmation de soi) et de voir dans leur regard la petite lueur de culpabilité lorsqu’ils avaient « capitulé ». Moi-même avec ma fille, il m’est arrivé de « céder à son caprice » en ressentant ce sentiment d’avoir échoué dans l’apprentissage de la discipline, de ne pas savoir mettre de limites.

On sait que les règles sont sécurisantes, structurantes. Le tout-petit doit tolérer la frustration d’avoir à attendre. Il devient autonome à sa mesure de bébé. La frustration et surtout le plaisir de faire seul sans se sentir abandonné vont lui permettre de grandir. Les enfants sont appelés à se séparer et c’est à nous de les y aider en leur apprenant à retarder le plaisir immédiat.

La lecture de cet article m’a permis d’éclairer ce sujet de « règles et limites ». Je vous résume les points qui m’ont semblé les plus importants.

La question des règles et des limites n’est pas une question de discipline mais un élément de la socialisation. Le processus de socialisation se distingue, en général, en deux phases : La socialisation primaire (de la naissance jusqu’à 6 – 7 ans), sur laquelle se construisent la personnalité et l’identité sociale. Elle se fait essentiellement avec la famille, la nourrice, la crèche, l'école, les amis, etc. Cet univers est perçu par l'enfant non pas comme un monde parmi d'autres mais comme le seul monde existant. Puis, la socialisation secondaire qui se déroule au début de la préadolescence et durant la vie adulte, dans les différents milieux sociaux que fréquente l'individu : écoles, études, sports, vie professionnelle, groupes de pairs, activités extraprofessionnelles, vie de couple, etc. S'appuyant sur la socialisation primaire, la socialisation secondaire la complète, la prolonge ou la transforme. L'entrée de l'adulte dans chacun de ces lieux est l'occasion d'acquérir de nouvelles règles de conduite, d'enrichir sa personnalité et de s'intégrer dans des sous-ensembles particuliers de la société.

La socialisation se déroule au sein d’interactions où les acteurs s’influencent mutuellement. La socialisation primaire est caractérisée par cette réciprocité. Les règles donnent lieu à des « transactions », des recherches de conciliation entre l’adulte et l’enfant. Elles sont négociées.

Dès lors, lorsque l’enfant « n’obéit » pas immédiatement, s’il se rebelle, c’est parce qu’il a l’impression qu’on lui refuse tout ou parce qu’il ne comprend pas les règles ou qu’il n’arrive pas à renoncer et qu’il a besoin de temps pour accepter.

La transaction fait partie intégrante de la socialisation : dans tous les groupes, les gens s’influencent, transigent. Ils apprennent à accepter et à influencer l’autre, à accepter et à influencer ses exigences.

Il est donc important que l’enfant puisse se sentir le droit de négocier les règles, afin qu’il sente qu’il a une influence sur les évènements.

Dans un deuxième temps, à l’école primaire ou dans d’autres institutions ou groupes sociaux, l’enfant va entrer dans le processus de socialisation secondaire : là, l’acceptation des règles ne repose plus sur des relations affectives personnelles. Les règles sont plus strictes, moins individualisées. Elles s’adressent à l’ensemble du groupe et chaque individu doit s’y soumettre. Elles n’ont plus la souplesse de négociation.

C’est grâce à la première expérience de règles et limites négociées, discutées, et qui gardent leur souplesse que l’enfant peut accepter (même si c’est un peu difficile au début) les règles collectives sans se perdre lui-même. Il est suffisamment confiant en lui-même et en ses capacités pour ne pas être déstabilisé face à des règles imposées et des relations plus impersonnelles.

D’où l’importance, en tant que référente, d’établir avec l’enfant une relation affective la plus personnelle possible :

-          Avoir une attitude de respect de la personne de l’enfant ;

-          Eviter d’être agressif ;

-          Eviter de le presser ;  

-          L’informer de ce qui va lui arriver ;

-          Veiller à la régularité des événements autour de lui pour répondre à son besoin de sécurité ;

-          Multiplier les occasions de le laisser choisir, de décider par lui-même en fonction de ses
           capacités ;

-          Avoir une attitude de soutien, de compréhension lorsque l’enfant est confronté à une limite,
           parce que l’adulte sait que c’est difficile ;

-          Lui laisser le temps.

Lorsque l’on prend le temps d’observer, on se rend compte que de nombreuses règles et habitudes organisent les relations entre les membres, que se soit au sein de la famille, à l’école, dans notre société. Ces règles n’ont pas toutes la même importance. Il existe entre elles une hiérarchie. Par exemple, en promenade, l’enfant se verra confronté à deux règles : « Ne pas quitter le trottoir » et « Ne pas ramasser le papier par terre ». Comment l’enfant va-t-il réaliser que la première règle est beaucoup plus importante que la seconde ? Il le constatera à la réaction de l’adulte : On arrête immédiatement l’enfant qui quitte le trottoir. Cet interdit ne souffre aucune discussion.  Par contre, « ne pas ramasser un papier par terre » provoquera une réaction moins immédiate. Le danger n’est pas comparable et l’enfant pourra jouer un peu autour de cette limite : l’examiner, donner un coup de pied…  La tonalité de l’interdit n’est pas et ne doit pas être la même.

En effet, si la réaction de l’adulte est la même lorsqu’un enfant tape violemment un autre enfant que lorsqu’il laisse tomber un crayon, celui-ci ne peut pas comprendre l’importance des limites et les différencier.

Les règles ont été hiérarchisées et caractérisées par des couleurs :

-          Règles rouges ;

-          Règles roses ;

-          Orientations bleues.

Les règles rouges sont les plus rares. Elles ne se discutent pas. Elles sont souvent liées à un danger pour l’enfant lui-même ou un autre. Dans ce cas, l’attitude de l’adulte est ferme. Il arrête immédiatement et sans hésitation l’enfant. Si une telle assurance existe, il n’est pas souhaitable de punir l’enfant ou de le condamner (« Tu es méchant !»). La force et la certitude de l’adulte suffisent à lui faire comprendre.

Les règles roses sont plus nombreuses. Ce sont celles sur lesquelles se fait l’apprentissage actif de la négociation. Par exemple : se laver les mains avant de manger, ne pas arracher les feuilles de la plante du salon. Pour l’adulte, les règles roses sont dans le domaine de la patience, de la négociation, de la coopération finale. L’enfant, pour comprendre la règle, va expérimenter la réaction de l’adulte : « Est ce que la règle est tout le temps la même ? » « Est-ce que la règle est la même avec tout le monde ? » « Est-ce que Maman et Papa vont toujours m’aimer si j’ai des opinions différentes ? ». Ces règles roses sont l’objet de négociation. Petit à petit, après discussion, après avoir posé des questions et écouté les réponses, l’enfant les fera siennes.

Les orientations bleues, quant à elles, émanent de l’attitude et du mode de vie des référents. Comme par exemple : enfiler son pantalon à l’endroit, lacer ses chaussures. Elles sont transmises de façon très subtile et ne sont pas édictées comme des règles. L’enfant en prend conscience en regardant vivre son entourage et en ressentant son soutien et sa désapprobation face à certains de ses choix. L’identification joue un grand rôle dans leur transmission. L’enfant doit pouvoir choisir de faire siennes ces orientations vécues comme des attentes, des valeurs, un projet pédagogique. Constituant progressivement son moi, il aura à se situer librement par rapport au projet de ses parents ou référents. Les orientations bleues représentent le fondement de l’éducation. En effet, éduquer un enfant, ce n’est pas seulement lui permettre d’intégrer une limite, c’est lui donner accès à une culture, à des valeurs, le guider dans une direction qu’on pense bonne pour son épanouissement.

Je pense pouvoir dire que nous avons tous connus des moments de découragement, l’impression de devoir négocier, répéter, encore et encore.

A cela plusieurs raisons,

-          Les règles sont trop compliquées, trop difficiles pour l’enfant. Elles lui demandent beaucoup d’efforts sur lui-même. Renoncer à certains plaisirs, contrôler ses désirs immédiats pour un but altruiste ou social s’avère difficile pour l’enfant. C’est à ce moment là que l’adulte doit faire preuve de patience et d’empathie... jusqu’à un certain moment où il convient de devenir ferme.

-          L’enfant ne comprend pas les réactions de l’autre personne en face de lui.

Il est important d’avoir en tête qu’un enfant qui ne respecte pas les limites ne le fait pas par méchanceté, ni pour nous mettre en difficulté. Il nous revient d’avoir une attitude d’écoute et d’empathie pour essayer de comprendre ce que cette limite suscite chez l’enfant, pourquoi il la refuse ou ne la comprend pas, afin de lui permettre de l’aider à l’accepter et à la faire sienne. 

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17 mars 2019

Atelier Kamishibaï !

J’ai la chance de dépendre d’un RAM (Relais Assistants Maternels) qui propose de nombreuses formations et ateliers. Le dernier en date, c’est un atelier KAMISHIBAÏ.

Kamishibaï signifie littéralement : « théâtre de papier ». C’est une technique de contage d’origine japonaise basée sur des images qui défilent dans un butaï (théâtre en bois), à trois portes.

Un kamishibaï est composé d’un ensemble de planches cartonnées numérotées, racontant une histoire. Chaque planche met en scène un épisode du récit, le recto pour l’illustration, le verso réservé au texte dit par le narrateur. Les planches sont introduites dans la glissière latérale du butaï dans l’ordre de leur numérotation.

Conçu pour un large auditoire, le kamishibaï permet une utilisation dans toutes les types de structures. Aujourd’hui, il intéresse les professionnels de l’enfance et de la petite enfance : crèches, écoles, bibliothèques, orthophonistes, centre de loisirs... C’est un outil pluridisciplinaire qui offre la possibilité de travailler dans de multiples directions : l’écoute, le visuel, l’imaginaire, l’alphabétisation, la lecture de l’image, la familiarisation avec la lecture à haute voix.

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On décide de s’inspirer du livre « Ouvre grand les yeux » de Cédric Ramadier et de Vincent Bourgeau

 

Les images sont très riches et nous devons les simplifier pour qu’elles soient adaptables sous forme de kamishibaï.

 

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On définit le scénario, on fait les croquis, on note ce qui nous semble important, on liste le matériel qui nous sera nécessaire.

 

 

 

 

 

La suite au prochain épisode 😊

 

 

 

 

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04 février 2019

Le jour où j’ai été nommée référente ^^

C’était au MAC Vauban, ma première insertion dans le monde de la petite enfance. J’y étais depuis 3 mois et j’avais été adoptée par les enfants. Certains étaient plus réservés que d’autres et étaient moins enclins à venir s’installer sur mes genoux. C’était le cas de A. petit garçon de 28 mois, réservé, sensible, préférant rester à l’écart du groupe. C'était sa première année en crèche car les années précédentes, il avait été gardé par une assistante maternelle. Avant d'aller à l'école, ses parents avaient souhaité qu'il passe une année en crèche afin qu’il se socialise. Il refusait d’aller dormir dans le dortoir et j’étais régulièrement amenée à rester près de lui dans la cabane pour essayer de l’endormir en lui chantant des berceuses ou en caressant son visage.

Un jour, un des pros l’informe qu’il va lui changer sa couche. A., campé sur ses jambes, a répondu d’une voix claire « Non, c’est France ! ». On s’est tous regardé d’un air interloqué. Et bien sûr, je me suis levée pour aller le changer car qu’un enfant m’accorde une telle marque de confiance était pour moi un honneur. Me voilà ainsi nommée référente ! La classe 😉

Nous avons mis à profit cette marque de confiance pour l’inviter en douceur à dormir dans le dortoir. Un après-midi, je lui ai proposé de m’accompagner dans le dortoir, simplement pour lui montrer la pièce et son lit. Il ne disait pas un mot, je sentais sa petite main serrer la mienne de plus en plus fort à mesure que nous approchions. Je l’ai rassuré. On a fait le tour de la pièce et on est sorti.

On y est retourné les jours suivants, il a accepté de se coucher dans son lit mais est ressorti aussi vite tel un diable qui sortirait de sa boite. Et ainsi, jour après jour, il a fini par accepter de s’y coucher et de se laisser glisser dans le sommeil. Mon stage s’est terminé quelques jours après et c’est avec beaucoup d’émotion que j’ai quitté tout ce petit monde.

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04 janvier 2019

Apprenons-leur à s’adapter !

C’est lors d’une soirée entre amis qu’une phrase de Maria Montessori m’est revenue : « N’élevons pas nos enfants pour le monde d’aujourd’hui. Ce monde n’existera plus lorsqu’ils seront grands et rien ne nous permet de savoir quel monde sera le leur. Alors, apprenons-leur à s’adapter. ».

Il est évident que si, 30 ans plus tôt, une voyante m’avait dit que je deviendrai « Chargée e-marketing », que je travaillerai sur le « Web », que j’enverrai des « newsletters » et que je gérerai des « marketplaces », je me serais demandé quelles substances illicites elle aurait bien pu consommer. Et pourtant, elle aurait eu raison !

Ces vingt dernières années ont vu émerger de nombreux nouveaux métiers et il est certain que les années futures verront naitre des métiers encore inconnus à ce jour.

J’ai donc cherché sur internet : « Enfant apprendre être adaptable » « Enfant adaptable ». J’ai eu plusieurs propositions comme apprendre à son enfant à être propre, un livre pour apprendre à écrire, des lits évolutifs, des chaises enfant,… Aaaaahhh !  La problématique des mots clefs !

En cherchant « rendre un enfant adaptable » je suis tombée sur le postcast de l’émission « 7 milliards de voisins » sur RFI qui traitait justement du sujet : « Comment rendre son enfant « adaptable » à toutes les circonstances et sans peur. » avec Marie Gilbert, docteure en sciences de l’éducation et Florence Millot, psychologue et pédo-pédagogue.

En réalité, la question ne se pose pas pour les enfants. L’enfant vit dans le présent, il est naturellement adaptable et motivé. Il suffit de le voir essayer encore et encore, essayer de s’asseoir, de se mettre debout, de marcher, d’encastrer, de parler, d’imiter. Rien ne semble pouvoir tarir cette soif d’évoluer.

Mais alors que se passe-t-il pour qu’une fois devenu adulte, il devienne rigide, que le moindre changement soit source d’angoisse ? Et surtout, comment faire en sorte qu’il ne perde pas cette faculté ?

Le premier point que j’ai retenu est l’importance de la sécurité affective. L’amour sans condition que l’adulte porte à l’enfant, le regard, les paroles et les gestes bienveillants, lui permettent de développer son estime de soi. L’enfant a besoin de trouver de l’estime dans le regard de ses parents et des adultes qui l’entourent.

L’enfant a aussi besoin d’être écouté, que l’adulte lui donne du temps. Ecouté dans ses émotions, dans ses questionnements. Ecouter un enfant c’est lui poser des questions en l’invitant à trouver en lui-même ses propres réponses, sans jugement. Intérieurement, l’enfant va se fortifier en prenant conscience qu’il est capable de penser.

Il est également important de diversifier les apprentissages : la vie de famille avec les moments de partage, les activités qui vont permettre à l’enfant de s’exprimer dans d’autres univers, en veillant toutefois à ne pas le surcharger, et l’apprentissage scolaire, en valorisant tout ce qui est proposé pour lui permettre d’élargir ses connaissances, ses compétences et apprendre à se connaître. Par contre, il n’est pas question de supprimer les exigences mais de l’encourager à travailler par rapport à lui-même, en lui disant « Soit meilleur que la dernière fois » plutôt que « Soit le meilleur ».

Enfin, et surtout, il nous revient de ne pas le plomber avec nos peurs, il est important de ne pas rester sur une réalité qui peut être angoissante. Je sais bien que c’est plus facile à dire qu’à faire. Il suffit de regarder autour de soi pour voir des catastrophes : le changement climatique, le terrorisme, le chômage, etc. pas de quoi se réjouir et pourtant, il faut essayer de ne pas plonger l’enfant dans cette atmosphère, de l’aider à sortir du sentiment d’impuissance en lui montrant ce que nous, à notre niveau, on peut faire, comme par exemple, ne pas gaspiller l’eau pour préserver notre planète, développer les qualités humaines pour éviter les guerres (D’accord ! Il y a du boulot !), de rester positif car après tout, l’être humain est capable du pire comme du meilleur.

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03 décembre 2018

Le tracteur, la camionnette et le bus

Non, non, il ne s’agit pas d’une fable de Jean de la Fontaine mais d’une matinée avec S.

S.,27 mois, est fan des véhicules en tout genre : voiture, mionette (camionnette), pingcar (camping-car), moto, scooter, etc. Dès qu’il entend le bruit d’une moto ou du camion-poubelles, vite, on court à la fenêtre pour regarder.

Ce matin, notre promenade quotidienne a lieu au parc St Jean à Villeneuve d’Ascq. Nos pas nous amènent devant le centre équestre où est garé un vieux tracteur.

S. le montre du doigt en disant « racteur » et se dirige vers lui. Je le suis. Je profite de chaque occasion pour enrichir son vocabulaire. Aussi, je dis : « Oh ! le beau tracteur rouge ! ».

Après avoir salué le tracteur, nous poursuivons notre marche et voyons au loin une camionnette de la ville chargée de l’entretien du parc. « Mionette ! » s’écrit joyeusement S. Et nous voilà partis voir cette camionnette. Le chauffeur s’arrête à notre hauteur. Je lui explique que S. est passionné de véhicules. Il lui propose de monter mais S., intimidé, refuse.

Nous terminons notre promenade par une visite des moulins. Et là ! Que voit-il ? un magnifique bus rouge !! (Le rouge est à l’honneur aujourd’hui !) Nous allons voir la conductrice qui attend patiemment son groupe. Elle nous propose de monter à bord pour visiter le bus. S. grimpe et court, ravi, dans le bus.

J’ai toujours plaisir de voir que certains adultes ont gardé leur âme d’enfant et se montrent bienveillants avec les tout-petits. ☺

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Une fois rentrés à la maison, je lui propose le jeu « tri de jetons » Montessori axé sur la couleur... rouge.

 

 

 

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04 novembre 2018

« Tu as le droit d’être en colère ! »

Vraiment ? Lors de notre formation à l’association Lóczy, la formatrice a fait cette remarque qui m’a interpellée : « Tu as le droit d’être en colère... mais pas tant que ça ! ». En effet, il est d’usage aujourd’hui, lorsqu’un enfant se met en colère, de verbaliser et de lui dire qu’il a le droit de ressentir son émotion. On voit apparaitre dans les structures une chaise ou un coussin de la colère, à l’écart du groupe, sur lequel l’enfant est invité à s’asseoir. En y réfléchissant, j’ai le sentiment que le message qu’on transmet à l’enfant c’est : « Tu as le droit de te mettre en colère… mais loin ! »  sous-entendu, « Que ça ne me dérange pas ! » Finalement, un enfant n’a pas vraiment le droit de se mettre en colère puisque son émotion n’est pas accueillie.

Mais alors, comment réagir ?

Dans la semaine qui a suivi, S. 27 mois, s’est mis en colère et s’est assis sur le canapé. J’étais assise sur le sol, je lui ai dit qu’il avait le droit de se mettre en colère et que je l’invitais à venir près de moi, que j’étais là pour accueillir sa colère. Il m’a regardé d’un œil dubitatif et est descendu pour aller jouer.

Cette semaine, il s’est mis en colère. Il était debout, campé sur ses pieds, les sourcils froncés, me regardant droit dans les yeux. Il y a eu quelques secondes de silence, je lui ai dit que je voyais qu’il était en colère, me suis agenouillée, j’ai ouvert mes bras et lui ai dit qu’il pouvait venir me faire un câlin. Il s’est jeté dans mes bras et la colère a disparu.

Bien sûr, mon échantillon n’est pas très représentatif et pour tout dire, j’ai essayé avec C. 6 ans qui elle…  ne s’est pas précipitée dans mes bras. clindoeil25

 

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23 octobre 2018

Une journée type...

Hormis les fondamentaux : les temps de change, les siestes, les repas, le temps calme entre le déjeuner et la sieste de l’après-midi ou en fin de journée avant l’arrivée de papa et maman et les sorties au parc, à la ferme ou au RAMI, il n’y a pas vraiment de journée type puisque chaque journée dépendra des observations que j’aurais pu faire.

Voici, par exemple, le déroulé d'une journée avec S., un petit garçon de 27 mois.

S. arrive à 7 heures. J’avais présenté quelques jouets dont un jeu de gobelets. Lorsqu'il est arrivé, il s’est mis à classer les gobelets par couleur. Je lui ai proposé le jeu « tri de jetons » Montessori. Ce jeu l’a tellement captivé qu’il a demandé à y jouer 4 fois de suite.

Puis, il a voulu jouer avec les blocs de motricité. J’ai eu l’idée de lui faire un petit parcours. Pour ce faire, j’utilise de l’adhésif de masquage. Cet adhésif me permet de délimiter des cases, un peu comme une marelle, pour lui permettre de sauter.

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Il a mis une petite voiture sur une des bandes de masquage et m’a dit que c’était une route. Je suis partie de son idée et, à l’aide de cubes, quelques animaux, des camions de chantier et de l’imagination, nous avons créé un circuit de voitures.  

 

 

 

 

 

 

Je profite de chaque occasion pour enrichir son vocabulaire : « Oh ! je vois que tu joues avec la tractopelle ?! ».

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Il a ensuite délaissé le circuit pour jouer sur les blocs de motricité et m’a demandé de modifier leur disposition. J’ai suivi sa demande et les trois blocs se sont transformés en... moto.

 

 

 

 

 

 

Pendant le jeu avec le circuit, nous avons parlé des poules et des œufs, j’ai eu l’idée de lui proposer un atelier cuisine.

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Pendant l’atelier cuisine, il a fait des percussions en utilisant 2 cuillères en bois sur la petite table, le lendemain, pendant sa sieste, je lui ai préparé un atelier musique avec flûte, tambourin et maracas.

Je ne fais pas de planning. Je propose quelques jeux et j’observe simplement l’enfant. De ces observations vont découler les propositions de jeux qui vont permettre de répondre à ses besoins. tatto50x50

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13 octobre 2018

L’importance des paroles adressées à l’enfant dans la construction de l’image de soi

Cette semaine, je suis allée à l’association Pikler Lóczy – France à Paris pour suivre la première session de la formation « L’importance des paroles adressées à l’enfant dans la construction de l’image de soi ».

Emmi Pikler était pédiatre en Hongrie. Lors de sa formation à Vienne, elle fut marquée par deux évènements :

  • En s’y prenant de manière adaptée, il était possible d’ausculter un bébé sans qu’il pleure.
  • Les enfants des quartiers populaires avaient des traumatismes physiques moins graves que les enfants élevés dans des familles aisées. Elle en déduisit qu’un enfant « livré à lui-même » se connaissait mieux qu’un enfant « surveillé » qui lui, se mettra plus facilement en danger.

Elle revient à Budapest et s’installe comme pédiatre de famille. Elle se rend dans les familles pour prendre soin des enfants. Son souhait est de les considérer dans leur globalité, c’est à dire les regarder vivre au sein de leur famille et observer leur quotidien. Elle se rend compte qu’il n’est pas nécessaire de mettre les enfants assis pour qu’ils s’assoient, qu’il n’est pas nécessaire de les faire marcher pour qu’ils marchent.

C’est à partir de ses observations qu’elle bâtit sa pédagogie de « libre motricité ». Elle suggère que l’enfant soit installé à plat dos, entouré d’objets très simples afin de lui permettre de se mouvoir librement et de développer sa créativité. La libre motricité permet à l’enfant de se connaitre dans son corps et d’être détendu. Il se sent compétent dans ce qu’il fait, a donc confiance en ses capacités, et donc en lui.

Elle prend ensuite la direction d’une pouponnière rue Lóczy à Budapest où elle met en place sa pédagogie basée sur deux piliers : la libre motricité et la rencontre profonde entre un adulte et un enfant, notamment, pendant les soins corporels. Cet équilibre permet à l’enfant de se construire en confiance.

Les temps de soins (repas, change,...) sont autant d’occasion de créer un lien privilégié entre l’adulte et l’enfant.

Bébé est un être de communication et de relation. Dès la naissance, bébé est prédisposé pour communiquer, sa vue est ajustée à la bonne distance pour dévisager ses parents, il entend mieux la fréquence de la voix humaine et il est réceptif à la parole quand elle lui est adressée. Bien avant de parler, bébé va entendre, assimiler la musicalité des mots. Même s’il n’a pas une pleine compréhension verbale, il est très sensible à la communication non verbale. Il convient donc, pour qu’un lien de confiance se crée entre l’enfant et l’adulte, d’être cohérent dans les paroles données. Il a besoin qu’on lui parle mais il a également besoin qu’on lui sourit, de sentir la présence de l’adulte, de ressentir la chaleur des bras.

En effet, si la parole permet ce lien social, elle ne suffit pas à elle seule. Il convient surtout d’être en présence avec l’enfant. Bébé se croit le centre du monde, si l’adulte est fâché, bébé pense que c’est de sa faute, si l’adulte est détendu, bébé pense que c’est grâce à lui. Si l’adulte n’est pas en présence, l’enfant n’existe plus. La parole est chargée d’affect et passe par différents canaux sensoriels (le ton, le rythme, le volume, la musique, la posture, la gestuelle…). Il est important que l’adulte soit touché par les signaux de bébé parce que lorsqu’il crie pour exprimer ses besoins c’est pour lui d’une extrême nécessité et si l’adulte ne répond pas au signal, c’est là un véritable drame. La réponse par l’adulte aux signaux va également inciter bébé à entrer en communication parce que l’adulte a donné une valeur à sa communication. A l’inverse, en l’absence de réponse de l’adulte, bébé va continuer de pleurer tant que son besoin n’a pas été satisfait ou… préférera de ne plus rien dire parce que ça ne sert à rien puisque l’adulte ne comprend pas.

Il ne s’agit pas non plus de le noyer sous un flot de paroles. L’idée est qu’il y ait un véritable dialogue, une coopération entre l’adulte et l’enfant. Par exemple, au moment du repas, l’adulte demande à bébé s’il veut bien bouger sa main de manière à ce qu’il puisse lui donner le biberon. C’est assez bluffant de voir le petit enfant d’à peine 1 mois bouger sa main.

Le langage est une construction personnelle et individuelle. C’est un processus lent qui peut être difficile et frustrant. Le fait que l’adulte cherche à comprendre et à entrer en communication, permet de soutenir l’enfant dans ce long processus. Même si elle n’est pas aboutie techniquement, l’adulte lui envoie que sa parole a de la valeur et que donc, l’enfant a de la valeur.

Posté par France D à 12:00 - Commentaires [0] - Permalien [#]